UberEATS : Le pire des grandes start-ups de la foodtech ?

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Uber n’a pas mis longtemps à se faire un nom parmi les startups de mise en relation de restaurants, de clients et de coursiers, on cite maintenant UberEATS au milieu de Foodora et Deliveroo. Il est même envisageable que la startup américaine ait joué un rôle indirect dans la chute de Take Eat Easy depuis son lancement dans l’ensemble de Paris fin Mars 2016.

Les sociétés de la foodtech sont assez égales pour les clients, mais les coursiers, eux, sont à l’affût des moindres particularités en termes de rémunération, de volume d’activité, de mode de recrutement, de stabilité, etc… C’est sur cette base qu’UberEATS traîne une réputation compliquée voire tout simplement mauvaise.

 ubereats

Le manque de stabilité

Quand j’ai commencé à travailler avec Uber les minimums garantis pour chaque créneau travaillé variaient entre 10 et 15€ bruts, mais seulement à la mi-journée et le soir. Exemple : 15€ bruts/h de 12h à 14h, même chose entre 20h et 21h. Rien en dehors des heures de repas à l’époque. Puis la rémunération a été fixée à 15€ bruts/h sur ces créneaux alors qu’on était à 10€ bruts entre 21h et 22h au tout début.

On peut dire sans aucun doute que la faiblesse de la rémunération par course et la petitesse des créneaux après le lancement du service a causé une hémorragie dans la flotte de coursiers jusqu’à récemment. Aux mois de Mai et de Juin il ne se passait pas une journée sans qu’Uber implore (par texto) ses coursiers de se connecter.

Des revenus loufoques ont alors été proposés, 50€ en une heure, 75€ en trois heures le dimanche, des bonus élevés en pagaille, dans le but de remotiver les coursiers. Résultat, quelques heureux pendant une petite période et surtout l’accroissement de la flotte d’Uber après avoir donné l’illusion d’une grande attractivité.

Pour ajouter à l’instabilité d’UberEATS la réservation d’un shift, shifts qui fonctionnent ici par tranche de deux ou trois heures, se fait au jour le jour, alors que précédemment il suffisait de se connecter sans inscription. C’est là qu’on s’aperçoit qu’Uber ne manque plus de coursiers, les quatre créneaux de la journée disparaissent en quelques minutes en début de soirée. UberEATS se paie même le luxe de déplacer l’heure d’ouverture des shifts chaque soir, elle peut avoir lieu à 19h31 comme à 18h24 ou à n’importe quel moment dans ces eaux-là. Dans ces conditions il n’y a pas de régularité dans l’activité puisqu’on rate des réservations. Ceux qui ne craignent pas le servage tenteront alors le hors shift.

Pour ceux qui parviennent à « booker » un shift les revenus sont de 15€ bruts partout, aussi bien entre 15h/17h et 17h/19h qu’aux heures de repas (12h/14h et 20h/23h).

Une des règles pour toucher les minimums garantis chez les VTC a été reprise pour UberEATS. Il faut obtenir une note minimum de 4,6 sur 5 sur la semaine. La chose n’est pas compliquée puisque les clients ne notent pas systématiquement mais très bien quand ils le font, mais elle ajoute de l’angoisse aux coursiers. La note d’UberEATS peut devenir un problème en cas de retard de commandes liés à des promos avantageuses ou aux intempéries.

Un taux d’acceptation de courses supérieur à 90 % est nécessaire mais à 86% Uber n’osera pas vous priver de vos droits fondamentaux et vitaux.

 

Uber en quelques détails

Uber est semblable aux autres boîtes du domaine dans son fonctionnement.

La zone de shift est libre mais exclue les parties excentrées de Paris. Je ne considère que Paris ici, je ne sais pas exactement ce qui se fait ailleurs en France dans la foodtech. Il ne faut pas rester dans le 17ème arrondissement hors course par exemple, ni dans les 18, 19, 20, 12, 13, 14 et 15ème arrondissements.

L’inscription chez UberEATS et le renseignement des documents administratifs se fait entièrement en ligne.

UberEATS n’est pas très sélectif pour le recrutement des coursiers. Entre votre inscription sur le site et le début de votre activité vous rencontrerez tout au plus un employé Uber qui vous remettra un sac en cube noir très moche qui n’est même pas frappé du logo Uber (trop stigmatisant peut-être, sans vouloir faire d’humour). Le matériel est facultatif, il suffit de montrer qu’on possède un sac Stuart, Foodora ou Deliveroo ou un sac à soi adapté pour échapper au cube noir gros et moche. Dans ce cas on repart seulement avec un petit sac rouge pour rack destiné aux pizzas.

La rémunération à la course est risible, 3,50€ + une indemnité par kilomètre parcouru. Il n’y a donc aucun intérêt à faire du hors shift avec UberEATS. Le volume est moyen mais n’ayant jamais travaillé pour des boîtes réputées comme Deliveroo, TEE ou Foodora, je n’ai pas de base de comparaison. En une soirée de trois heures dans la semaine on effectuera environ 3 à 4 courses, le dimanche est généralement le jour le plus prolifique (5-6 courses).

Il n’y a aucun moyen de joindre Uber via l’application en cas de problème, par contre on peut annuler une commande en sélectionnant la raison de l’annulation. Après quoi, on peut déguster la commande du client. Un coursier qui poste des vidéos sur YouTube a tenté l’expérience avec succès ici:

Trêve d’humour, faisons une conclusion.

 

Conclusion

Uber Eats est recommandable uniquement en complément d’une autre source de revenus (comme Deliveroo, Foodora, Stuart, salariat, etc.) si l’on cherche à travailler à temps plein comme coursiers. Mais même les étudiants seront vite rebutés par la difficulté à réserver des shifts quand ils voudront travailler.

La rémunération est attractive mais là où le bât blesse c’est dans le système de réservation des shifts/minimums garantis au jour le jour. Uber devrait utiliser Staffomatic comme les autres et accommoder les coursiers. En attendant les calendes grecques le géant américain reste un outsider dans la foodtech côté coursier et joue selon ses propres règles, après tout l’ubérisation et la nouvelle économie est quasiment partie de cette société.

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