Take Eat Easy: le point après 5 mois en tant que coursier

Spread the love

Les premières semaines

Quatre mois après mon premier article sur Take Eat Easy (sur mon autre blog) , il était temps de faire un petit point car pas mal de choses ont évoluées. J’ai aussi plus de recul sur le métier de livreur à vélo.

Je vais donc en reprendre les différents points pour tenter d’apporter des précisions et des mises à jour.

Lorsque j’ai commencé à bosser pour TEE début Janvier, je réservais mes créneaux (les ‘shifts’) d’un jour à l’autre selon mon envie de travailler et mes disponibilités. Cela a fonctionné environ 3 semaines, puis TEE a annoncé réduire les places de chaque créneau afin de donner plus de courses à chacun.

Il est vrai que je passais beaucoup de temps à attendre les courses, surtout en début de shift. En conséquence, je dépassais rarement les minimums (un montant minimum est assuré même si l’on fait peu de courses).

Dès que les créneaux ont été réduit, j’ai certes eu plus de boulot. Le hic c’est que le planning (on a 4 semaines de planning) s’est retrouvé complètement pris d’assaut: je me suis retrouvé d’un jour à l’autre incapable de réserver le moindre shift car tout était complètement booké pour les trois semaines à venir.


 

Par la suite lors de l’ouverture d’une nouvelle semaine de planning le lundi soir, le serveur plantait et il fallait être extrêmement rapide pour essayer de choper un ou deux créneaux avant que tout ne soit déjà réservé. Pire, ayant à l’époque fait moins de 100 courses pour TEE je n’avais plus accès aux shifts longs (on a le choix entre des créneaux de 2 ou 4 heures).

C’est pourquoi dès février j’ai rapidement bifurqué chez Deliveroo et mis TEE plus ou moins en standby.

Les midis

Courant mars le serveur gérant les planning a été semble-il upgradé ou optimisé, car il est devenu enfin possible de se prendre pas mal de shifts. Toujours bloqué à moins de 100 commandes, je me suis rabattu sur les shifts du midi pour à la fois compléter Deliveroo et enfin franchir la barre me permettant de réserver des shifts longs.

Mes résultats ont été mitigés: j’ai fait certes un midi à 7 courses (un peu plus de 50 balles les 3h15 de boulot), mais aussi des shifts à 3/4 courses: avec si peu de courses on obtient une paye horaire sous le smic.

En avril j’ai même fait un midi à 2 courses. Le pire c’est que c’est souvent des courses longues qui m’envoient à Levallois, où en tout cas dans l’ouest, bien loin de ma zone de départ à Opéra.

Quand on habite à 35 minutes de vélo de Paris, au final cela donne une matinée entière pour 22 malheureux euros

Mais j’ai aussi fait un midi à 9 courses, soit plus de 20 euros de l’heure.

Cela met en lumière le principal défaut de TEE: l’inconstance de la quantité de travail.


Retour à ‘temps plein’

Au moins de mai, suite au coup de pute de Deliveroo, j’ai rebasculé chez TEE. J’avais entre temps franchis la barre des 100 courses, me permettant d’enfin booker les shifts longs.

Mais à vrai dire, cela n’était même pas nécessaire, car depuis un petit bout de temps les shifts se libèrent au fil de l’eau. Cela signifie qu’en guettant régulièrement le planning, il est toujours possible de choper un créneau libéré par un autre coursier, surtout à la dernière minute. Il est ainsi possible de se faire un temps plein, même si l’on a rien pu réserver le lundi soir lors de l’ouverture de la semaine.

J’ai ainsi ‘redécouvert’ vraiment TEE, après des centaines de courses chez Deliveroo. Il y a un coup à prendre car c’est deux manières assez différentes de travailler: le rythme est plus sportif chez TEE, et l’on est pas zoné, ce qui rend moins évident les déplacements dans des coins que l’on ne connait pas.


J’ai commence à prendre mon petit rythme le soir, avec 8 à 9 courses, pour une paye un poil inférieure à celle de Deliveroo (5 à 10 euros de moins environ par shift). Alors certes, d’un côté les shifts de Deliveroo durent 4h15 (19h/23h15) contre seulement 3h45 pour ceux de TEE  (18h45/22h30).

Mais en réalité TEE nous demande de nous connecter 15 minutes avant le shift, et de nous déconnecter 15 minutes après. Donc j’ai du mal à comptabiliser les heures travaillées pour TEE, puisqu’en gros il faut se rendre disponible 4h15 tout comme chez Deliveroo. Tout en sachant qu’en se connectant à 18h30, on aura rarement une course avant 19h/19h30, voire vers 20h pour les plus malchanceux.

Les supers shifts du week end: $$$

Peu après la mi-mai, TEE a mis en place les très longs shifts du week end. Au programme, 11h/16h le samedi et dimanche midi (10h45/16h15 en heures réelles) et 18h/22h30 le dimanche soir (17h45/22h45 en réel).

Ça a beaucoup râlé sur le groupe Facebook, sans que je ne comprenne trop pourquoi, vu que les minimums ont été revus en conséquence (42 + 55, soit 97 euros assurés pour le dimanche par exemple). Pour les gars comme moi qui ne sont pas sur Paris, c’est génial car cela permet d’enchaîner tout la journée sans trop de creux entre le midi et le soir.

Je teste donc ça dès la mise en place: 11 courses le matin et 7 l’aprem, soit plus de 140 euros avec les pourboires sur la journée!

Le week end suivant ça a été le jackpot total. Le samedi matin est plutôt cool (10 courses), mais le soir avec la pluie pas mal de coursiers ont préférés annuler et se prendre un strike pour désinscription tardives. Conséquence: un max de commandes vu la météo, et beaucoup de courses pour les présents: 11 pour moi ce soir là, soit une journée à plus de 170 euros pourboires compris!


 

Le lendemain matin je suis faible et je préfère me prendre un strike plutôt que d’aller rouler toute la journée sous la flotte.

Je vais par contre aller rouler le soir, réaliser 13 courses avec le bonus pluie, soit 117 euros pour une soirée de 5 heures!

Si j’avais eu le courage de bosser le matin, j’aurais probablement atteint les 200 euros dans la journée…

D’ailleurs c’est ce jour là que le record de courses pour un livreur TEE à été battu: 29 , soit plus de… 260 euros la journée!

A ce moment là ça cogite dans ma tête… S’il est possible de faire 300 euros en bossant samedi et dimanche toute la journée, TEE repasse devant Deliveroo en terme de rendement.

Mais c’est juste à ce moment là que Deliveroo me rend mes shifts du week end, et j’ai préféré rebasculer chez eux, explications…

Le toboggan émotionnel de TEE, ou sa mauvaise gestion de flotte?

En effet Deliveroo (pour peu que l’on évite de prendre des congés, synonyme de perte de ses shifts) est un peu l’assurance d’un bon revenu constant.

TEE, comme je viens de l’écrire plus haut, permet de faire des shifts de folie, mais aussi d’autres tout pourri. J’ai déjà parlé de mes midi avec 2 ou 3 courses. Mais sur mon dernier shift long je n’ai que 6 courses, soit 45 euros.

Ce n’est pas catastrophique, mais ça fait pâle figure face aux 65 à 75 euros quasi assurés chez Deliveroo pour le même temps de travail.

Surtout, j’ai eu mal au cœur en lisant les commentaires du groupe FB suite au dernier week end: certains se sont retrouvé avec peu de courses, parfois 5 sur le long du soir (soit le minimum assuré de 55 euros pour 5 heures…) !

Ça m’a confirmé que j’avais fait le bon choix, même si bosser pour Deliveroo ne m’enchante guère vu leur comportement…


GIFSoup
Je pense que TEE n’arrive pas à trouver l’équilibre dans le nombre de coursiers par shift: pas assez, et c’est le jackpot pour les coursiers, mais c’est la panique au niveau du dispatch (le soir où j’ai bien tourné j’ai récupéré plein de commandes en retard – on y voit aux heures de livraison qui nous sont indiquées pour information -, et j’ai terminé le boulot après 23h), trop de coursiers les délais sont assurés mais il n’y pas assez de boulot pour tout le monde.

Le fait que l’on ne soit pas zonés joue à mon avis un rôle important dans tout ça: TEE n’a pas la main mise sur notre répartition géographique et ne peux pas assurer un service en adéquation avec la demande parisienne.

Il faudra sans doute qu’à terme elle fasse comme tous les autres concurrents: scinder la ville en plusieurs zones pour obtenir un maillage fin de Paris et ainsi assurer au plus prés les besoins de chaque ‘région’.

Avec Deliveroo j’ai une ou deux mauvaises soirées par mois grand maximum (soit 6 courses, pour un total de 50 à 55 euro), alors que c’est trop récurrent chez TEE. Difficile de s’investir à fond avec eux avec un tel degrés d’incertitude…

Le point positif c’est qu’on sent bien qu’ils font tout pour corriger ça, c’est bien pour ça que je reste fidèle malgré les hauts et les bas.

Le nouveau système de réservation des shifts

Il y a 10 jours, TEE a inauguré un nouveau mécanisme pour réserver ses shifts le lundi soir: dorénavant il y a un système de priorité qui permet aux coursiers les plus fiables d’avoir accès en premier au calendrier.


via GIPHY
 

En gros le premier (le plus fiable) a accès aux nouveaux créneaux dès 23h30. Six secondes plus tard, le deuxième y a également accès. Ainsi de suite… D’après les retours que j’ai pu avoir, la grosse majorité de la flotte a accès au planning à minuit, donc il semble qu’au delà de la 300e place se soit pareil pour tout le monde.

Comment est définie la fiabilité?

Plusieurs indicateurs sont utilisés: le nombre de strikes, les no show (inscrit à un shift mais non connecté), le nombre de descriptions tardives, les notes laissées par les clients, l’ancienneté et peut être d’autres choses comme la vitesse moyenne…

Au final, ça ne change pas grand chose pour moi:  il ne reste plus beaucoup de shifts disponibles quand j’arrive à me connecter, mais comme il y a toujours autant de désinscriptions au fil des jours, il reste tout à fait possible de bosser à temps plein ou presque en guettant les disponibilités régulièrement sur le planning.

59 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *