Bosser pour Take Eat Easy, Deliveroo ou Stuart, quelle société choisir?

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On a souvent tendance à mettre toutes les sociétés de livraisons à vélo dans le même panier. Pourtant, il existe des différences assez significatives, autant dans la relation avec la ‘direction’ que dans la manière de bosser.

Take Eat Easy, pour les sportifs

TEE par son petit nom, est la société de livraison qui se rapproche le plus du métier de coursier à vélo.

Premièrement car les livreurs ne sont pas ‘zonés‘. Vous pouvez démarrer comme cela m’arrive souvent du quartier de l’Opera pour finir à Levallois Perret ou Boulogne Billancourt.

Il vous faudra peut être ainsi rajouter 15 km après votre shift pour rentrer chez vous!

L’avantage c’est que cela permet de découvrir tout Paris, et même parfois au delà! Il y a toujours ce petit côté excitant de ne pas savoir où l’on va rouler. On peut aussi choisir son point de départ comme on le souhaite, idéal pour casser la routine.

Ensuite, les courses sont relativement longues: ma moyenne est d’environ 4 à 4.5 km pour le trajet resto+client. Cela peut sembler peu, mais cache de belles disparités: parfois, il vous faudra faire 5 à 6 km pour aller chercher la commande, c’est à dire traverser la moitié de Paris!

Les délais sont calculés au plus juste: j’arrive en général pas vraiment en avance sur l’horaire indiqué par l’appli, alors que j’ai quand même un certain passif de sportif.

Toujours dans cette esprit de ‘liberté’, vous êtes maître de votre emploi du temps: aucune obligation, possibilité de s’inscrire à la dernière minute s’il reste des places, ou de se désinscrire 48h à l’avance (c’est possible aussi à la dernière minute en prenant un ‘strike’, c’est à dire une pénalité).

Parlons en, de ces strikes… Comme on vient de le voir, une désinscription tardive vous donne un strike. Un ‘noshow’ (inscrit mais non présent lors du shift) donne deux strikes.

Quelles sont les conséquences (le total est remis à zéro chaque quinzaine)?

Un strike, rien. Deux, cela fait sauter les ‘bonus’ et minimum. J’en reparlerais plus en détail dans un article dédié, mais normalement les conséquences financières d’un double strike sont minimes.

Trois strikes, vous êtes convoqués par la direction (en théorie, car ça m’est arrivé une fois et j’ai pas reçu d’appel ni d’email en ce sens). Quatre, vous êtes…virés!

teecoursier
TEE et son image hipster/cool

Au final j’aime à dire que TEE à un petit côté ‘rock ‘n roll’ /artisanal comparés aux autres boites de livraison, c’est en tout cas ce qui ressort de l’ambiance du groupe Facebook, avec un administrateur proche des livreurs, loin de la langue de bois que l’on peut voir ailleurs. Avec cette image cool/hipster/sportif, j’ai tendance (et je ne suis pas le seul) à placer TEE tout en haut de la hiérarchie des livreurs.

C’est d’ailleurs la seule boite des trois que j’ai faite qui met en place un vrai test pour recruter. Il faut arriver à suivre le coursier instructeur, et beaucoup de ‘shadow’ (le terme pour les nouvelles recrues) sont perdues en cours de route!

Deliveroo, pour les ‘fonctionnaires’

Un peu de provocation, pour résumer le job chez Deliveroo: un boulot répétitif, au salaire assuré et assez pépère.

Les shifts sont reportés d’une semaine à l’autre (en théorie, voire mon précédent article sur Deliveroo), ce qui fait que votre emploi du temps sera à peu près toujours identique. Par contre, pour poser une absence, il vous faudra vous y prendre 7 jours à l’avance (délais rabaissé à 3 jours depuis la mi mai).

Contrairement à TEE où il faut aller gagner à la sueur de son front chaque course dans tout Paris, chez Deliveroo vous êtes zonés.

Double conséquence: les courses sont bien plus courtes (j’ai une moyenne de 2 à 2.5km), et à force vous connaissez par cœur votre secteur. Au fil du temps, une certaine routine un peu ennuyeuse se met en place.

roo
Délivre nous du mal!

Paradoxalement, on y gagne mieux sa vie que chez TEE, grâce notamment à l’ancienneté qui permet de passer de 2 à 4 euros la course. Il n’y a guère de surprise à la fin de la soirée, contrairement à TEE où les variations en terme de nombre de courses peuvent être importantes d’un jour à l’autre.

La seule surprise est le montant du pourboire: le client est en effet incité à laisser un pourboire sur le site, ce qui permet de grassement compléter sa soirée (ça m’est arrivé de faire 14€ en une soirée!).

Pour briser l’ennui, on peut aussi jouer à optimiser à mort ses trajets pour battre son record de courses: j’ai réussi à en faire 15 en une soirée!

Chez Deliveroo, il vous faudra par contre compter avec une direction qui vous prend pour de la merde, il n’y pas de relation privilégiée ou d’events comme chez TEE. Ici, c’est langue de bois, censure, ton distant voire moqueur, et silences éloquents.

Stuart, pour se reposer

Bon là encore un peu de provoc:)

Mais il faut être réaliste, voici mes chiffres d’avec Stuart (pour information je tourne à 2.5 courses/heure chez TEE ou Deliveroo):

Janvier: 0.8 course par heure

Février: 0.55 course par heure

Mars: 1.25 course par heure (un seul shift)

Sachant que l’on est payé environ 4€ par course, avec un minimum d’assuré de 9€ par heure si le total des courses ne dépasse pas ce montant. Au final on est donc payé seulement 9€ de l’heure, soit 72 euros pour une journée de 8 heures. C’est ce que je gagne en 4h15 avec Deliveroo…

Chez Stuart, on est zoné par arrondissements et on est censé livrer toutes sortes de choses (fleurs, plis, plats cuisinés). En pratique je livrais 99% de plats cuisinés. Et faisais également des courses en… chariot pour Franprix!

Mais avec Stuart j’ai appris à connaitre principalement les squares, leurs histoires, et autres plaques commémoratives historique de Paris. Sympa, mais pas très rémunérateur!

roquette
Saviez vous qu’à l’emplacement du square de la Roquette se tenait une prison qui accueillait les détenus destinés à être guillotinés? Image http://paris1900.lartnouveau.com/

Pourtant, on ne peut pas leur retirer leur professionnalisme et sérieux,je vous invite à consulter mon article dédié à Stuart sur mon ancien blog.

La communication avec la direction m’avait l’air plutôt saine (j’ai certes peu eu l’occasion d’en juger), avec une newsletter assez sympa, des podiums hebdomadaires de coursiers, un paiement lui aussi hebdomadaire (très pratique).

Alors certes j’arrête pas de croiser des coursiers Stuart qui me disent qu’ils ont énormément de boulot et qu’ils explosent les minimum, mais c’est contradictoire avec le fameux podium hebdo. En effet le troisième n’était en général qu’à 70 courses par semaine, c’est à dire ce que je fais en ne travaillant que les soirs.

A temps plein, pour seulement dépasser les minimum avec Stuart il faut faire plus de deux courses par heures, soit 16 par jour et plus de 100 par semaine. Si le 3e n’est qu’à 70 par semaine (et j’en ai croisé des gars du podium, ce sont des gars qui font 70 heures par semaine), cela veut dire que personne ne dépasse les minimums.

Depuis mon départ, Stuart a noué de nombreux partenariats, et j’ai l’impression de croiser beaucoup plus de coursiers Stuart depuis quelques semaines. Donc il y a peut être enfin du travail chez eux.

J’ai demandé à rebosser avec eux (ils virent les gens sans activité depuis 4 semaines), sans réponse. Tant pis!

En résumé, si vous habitez Paris ou aimez flâner dans les squares, postulez chez Stuart. Il vous suffira de réserver vos shifts, vous connecter et vous serez payé pour rester chez vous!

 

 

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